« Déception d'un militant | Page d'accueil

10.02.2009

Pas le moment...

Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit sur ce blog. Sans doute avais-je d'autres choses à faire et notamment travailler plus pour gagner plus !

Toujours est-il qu'après la déception du militant suite au schisme d'Alternative Libérale, force est de constater que le contexte général me pousse à revenir sur mes idées libérales alors qu'il n'est clairement pas le moment, en France, d'afficher ces idées taxées d'infamie en cette période de crise mondiale associée à ce modèle tant décrié.

Il semble acquis que l'origine de la crise est avant tout financière. Les opérateurs financiers ont développé des produits dits "toxiques" notamment associés à l'immobilier qui ont emporté avec eux l'économie mondiale. Les détracteurs du modèle libéral se sont alors engouffrés dans la brèche pour dénoncer la folie de l’économie de marché et réclamer la prise de contrôle de tout ou partie de l’économie par l’Etat avec pour certains le retour d’idées révolutionnaires de lutte des classes et d’anticapitalisme…

Dans le libéralisme que je défends il n’a jamais était question d’une disparition de l’Etat. La caricature dont nous souffrons est souvent due à cette image qui nous colle à la peau.

L’Etat doit fixer les règles du jeu économique et s’assurer que les règles soient respectées.

Le problème posé par la mondialisation n’est pas du domaine doctrinal ! ce n’est pas un problème de libéralisme ou de capitalisme ou d’autres « ismes »….c’est un problème de régulation et de contrôle au niveau mondial. C’est ce qu’a très bien compris le Président Sarkozy dès le début de cette crise.

La liberté des échanges au niveau mondial a assuré la croissance de nos économies depuis des dizaines d’années.

Quand on transporte des marchandises d’un point à un autre, la douane du pays exportateur certifie les documents des marchandises partantes, et de la même façon les douanes du pays importateur vérifient leur bonne adéquation aux normes en vigueur chez lui. La mondialisation fonctionne donc très bien pour les échanges matériels. La concurrence mondiale régulée par les normes de fabrication oblige les pays à faible coût de main d’œuvre à fabriquer des produits normés qui pourront se vendre dans les pays plus développés sans danger pour le consommateur final. Des agences de contrôle étatiques ou des associations de consommateurs se chargent de dénoncer les produits contrefaits ou les malfaçons de produits dangereux qui auraient franchi les barrières douanières.

La crise actuelle n’est pas issue de ce commerce réel de marchandises « réelles ». Elle est l’émanation des flux financiers immatériels qui posent le problème évident du contrôle aux frontières.

Ce qui peut être un vecteur formidable des libertés peut se transformer en « monstre froid ». En effet les échanges immatériels d’information avec l’internet en star planétaire sont un progrès considérable pour l’humanité. Nos enfants se demanderont sans doute comment nous vivions avant Internet et les téléphones portables…ça paraît loin vraiment très loin désormais.

Il apparaît en revanche que les flux financiers qui franchissent les frontières aussi facilement que les emails et dont les acteurs ont des succursales à Londres, New York, Paris, Hong Kong, Genève, Sao Paulo, Tokyo, Moscou, Luxembourg, Nassau, Monaco… ne sont absolument pas régulés. Les autorités de tutelle des bourses sont aussi inutiles que dangereuses car elles donnent en plus le sentiment que tout est sous contrôle.

L’absence de normes de régulation des produits et des flux financiers internationaux, c’est le vrai problème qui se pose aujourd’hui à la mondialisation.

Quand on sait que les produits financiers actuels sont crées par des polytechniciens, mathématiciens chevronnés et ingénieurs de génie, on mesure la difficulté des contrôles pour des autorités de tutelle dépassée par la complexité des modèles tout autant que les conseillers clientèle de nos agences bancaires qui les proposent en bout de chaine au vulgum pecus…

Y a-t-il une chance pour que le sommet du G20 débouche sur cette nécessaire régulation ?

J’espère que OUI car il en va de l’intérêt de tous. Il est certain qu’il y aura toujours des Etats qui se mettront en dehors du système pour attirer des capitaux mais si les Etats-Unis, l’Europe, le Japon et la Chine tapent du poing sur la table, le système sera assaini.

Il est donc temps que les Etats reprennent la main sur les « règles du jeu » de la finance internationale pour faire repartir la croissance mondiale au plus vite. Encadré par ces règles, les acteurs du monde économique pourront alors s’adonner au commerce des biens et des services qui, outre la prospérité qu’il procure, permet au monde actuel de vivre en paix (certes relative), ce qu’aucun autre système que le libéralisme ne peut offrir au monde.

Le libéralisme est à l’économie ce que la démocratie est à la politique : de temps en temps il produit des aberrations mais on a pas trouvé mieux pour assurer le progrès de l’humanité.

Cyril

Commentaires

Vous parlez comme si les Etats étaient responsables !
Les Etats ne sont composés que d'hommes et quand l'air du temps prend pour modèle Darwin et la sélectivité des animaux en abandonnant notre humanité, nous vivons les temps modernes d'aujourd'hui. Rien ne vient de rien, nous ne partageons que ce que nous créons, et pour connaitre ce que nous créons aujourd'hui il suffit de mesurer ce qui augmente.
cordialement

Ecrit par : temps | 10.02.2009

Welcome back sur la blogosphère d'al! Vous faites une liste pour les européennes en Provence ?

Ecrit par : JPO | 10.02.2009

Une vidéo sur l'origine de la crise à voir absolument :
http://www.youtube.com/watch?v=RijpW3oxUHE

Ecrit par : Gilles LAURENT | 26.02.2009

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